• Medjugorje, littéralement "Entre les montagnes", célèbre lieu de pélerinage cette petite paroisse de Bosnie est réputée pour ses apparitions Mariales depuis 1981, et encore aujourd'hui. Bien que non reconnu par l'Eglise, cet endroit a attiré des millions de pélerins et a été le théatre de guérisons miracles. 

     

     

    Après en avoir entendu parlé à plusieurs reprises en bien, je décide d'aller moi même faire l'expérience de ce lieu... Comme répondant à un appel de longue date, c’est dans l’abandon, l’humilité, la vulnérabilité  que je suis arrivée dans cet endroit prétendu de paix et d’Amour… 

     

       

    Agressée, accusée, bâillonnée, rejetée, montrée du doigt… Porteuse du mal, partisante de Satan, âme salie, jugée pour avoir commis l’erreur de m’ouvrir à d autre cultures et religions, d’avoir voulu trouver un sens… Sorcière sur un bucher de croix, dont le seul salut serait de faire un choix. Je me retrouve alors face à une Eglise (dont la plupart des membres sont Francophones) complètement fermée, apeurée… ou qui détient la vérité ?! Une Eglise qui m’accuse d’avoir pratiqué le Tai Chi, la méditation, le yoga ou d’avoir ouvert mon esprit à l’enseignement du Bouddha… Alors que je voyais complémentarité, on me harponne avec le terme « d’incompatibilité » !

    Comme en plein cauchemar, je cherche désespérément un allier, quelqu’un qui me comprenne mais au lieu de cela je ne trouve que jugements et pour seul conseil : la conversion et l’abandon de tous ce qui a attrait avec l’orient y compris mon billet pour le Népal !

    Pour ces mêmes raisons, la communauté où je devais aller me ferme ses portes… J’ai alors la chance de trouver un lit dans un sous-sol chez des Bosniaques fort peu sympathiques, avant d’atterrir comme par miracle dans une communauté composée de 3 personnes adorables qui m’accueillent comme dans leur famille… avant de me demander de quitter les lieux 4 jours après, sous prétexte que je n’ai pas "suffisamment abandonné mes liens avec l’Asie" (sans vraiment comprendre de quoi ils parlent concrètement), et car je refuse de cesser de parler à mes amis qui de près ou de loin ont un jour touché à quelque chose venant d’Orient… 

     

      

    En proie à un véritable combat spirituel, je suis tiraillée entre un Dieu que je pensais Amour, des pratiques et philosophies orientales qui m’apaisent, et un Dieu qu’on me présente comme étant le seul chemin vers la lumière mais en même temps un Dieu juge et punisseur… Un Dieu qui ne peut se révéler tant qu’un choix catégorique n’a pas été fait. Un choix qui remet en cause passé, présent et avenir…

    Au milieu de ces pratiques religieuses, et attitudes teintées de fanatisme, qui plus qu’un appel à la conversion me donnent envie de fuir, dans cette ferveur qui semble plus motivée par la peur que par un Amour profond, je persiste. J’ai envie de comprendre, de rencontrer ce Dieu libérateur, et de venir à bout cette douleur causée par la déchirante nécessité d’abandonner l’utopiste et pacifiste envie d’unifier 2 mondes qui se repoussent et m’écartèlent.

     

      

    Durant ces 17 jours où corps, âme et esprit n’ont été qu’un champ de bataille, il y a eu cependant quelques tentatives de cesser le feu et l’étrange impression que les choses se sont succédées de façon à ce que je puisse rester, faisant parfois d’étonnantes rencontres peut être porteuses de messages (à diluer !!!)… 

     

     

      

    Et puis quelques bouffées d’oxygène, rayons de soleil dans un ciel obscurci par la nuée fumante d’une guerre sans merci…

    -    La gentillesse et les prières des membres du groupe de pèlerinage qui, bien que dans le camp adverse ont essayé de m’apporter leur soutien.

    -   Jozo, cet artiste rencontré sur le bord du chemin vendant ces dessins, qui m’a offert une chaise, une feuille, un crayon, sa compagnie et l’opportunité de m’essayer au dessin…

    -  L’accueil de Claudia et Thomislav dans leur communauté, leur gentillesse, et les moments de musique partagés… en faisant abstraction de leur « mise à la porte »…

     

      

    Alors je referme mon sac à dos rose, épuisée, blessée, déchirée et je reprends la route, espérant que le recul m’aidera à tirer les leçons de cette expérience. J’essaie de revenir en moi… Cœur meurtri par tant d’accusation… panser les blessures… discerner le vrai visage de Dieu entre athéisme, ésotérisme et extrémisme…

     

    Car sur les ruines fumantes de ce champ de bataille dont il ne reste rien, se dessine alors un nouvel horizon. Comme si de ces cendres voulait renaitre une foi nouvelle. Alors je m'abandonne, épuisée, dans la paix de l’après-guerre, aspirant à cette « paix du cœur » dont parlait le frère Roger de Taizé. 


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  • Verticalité de la divinité.

    Horizontalité de l’humanité.

    Destin au croisement de l’humaine stupidité.

    Dieu s’est fait Homme.  Quelques mots qui font tomber le mythe d’une divinité qui régit l’ordre du monde depuis son trône de pierres orné. Un Dieu d’Amour qui plutôt que de juger ou exécuter s’est abaissé pour nous sauver, a souffert jusqu’à être crucifié. Ce Dieu qui s’est fait proche de nous.

    Vouloir suivre le Christ est effectivement un véritable choix, puisque de la souffrance il ne nous libérera pas tant que nous n’avons pas accepté de porter notre croix.

    Dans un monde où nous cherchons à masquer la souffrance dès qu’elle se montre à l'horizon, à coup de pilules magiques, de nouvelles techniques miraculeuses et d’une science qui ne cesse de se perfectionner, on oublie de regarder l’être qui souffre derrière le numéro d’une chambre, d’un lit ou d’un dossier.

    Avant de se lancer dans une lutte acharnée pour faire taire cette souffrance, ne faudrait-il pas lui donner le droit d’exister un instant ? En médecine, on parle d’acceptation de la maladie, de la douleur, de la mort… Mais pourquoi faire de la place à la souffrance dans notre vie ? Ou trouver la force d’accepter si ce n’est par Amour et compassion pour le Christ.

    Alors, à genou devant ta croix, donne-nous la force de porter la nôtre et de nous relever.


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  • Lorsque tout s’écroule.

    Lorsque la tempête gronde au loin et sans te laisser le temps de te mettre à l’abri vient dévaster tes pensées, et réduire à néant tout ce en quoi tu croyais.

    Lorsqu’une guerre sans merci vient démolir, piétiner tout ce que tu avais mis une vie à bâtir et hurle sa victoire jusqu’au fond de tes entrailles.

    Lorsque l’horreur de la vie te frappe en plein visage, t’arrache ce que tu avais de plus cher arborant son rictus qui te dis « je te l’avais promis lors de ton premier souffle ». Lorsqu’il ne reste plus rien. 

    Lorsque dans ce rien, l’argent, ton appartement, ta voiture, ton travail et tes loisirs, veine mascarade pour tenter d’exister te révèlent leur futilité.

    Lorsque toutes ces belles paroles censées te réconforter s’évaporent dans le vide de ton désespoir.

    Lorsque la nuit semble vouloir l’emporter à jamais, alors tu perçois cette lueur, cet espace au cœur de ton cœur, dans lequel tu peux te reposer.

    Cette immuable volonté de vivre, étincelle de l’Amour de Dieu.

    Car lorsqu’il ne reste plus rien, lui seul subsiste.

    « Dans nos obscurités, allume ce feu qui ne s’éteint jamais »


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